
Madame, Monsieur, Chers usagers,
L’eau est un bien commun, un bien essentiel.
Depuis le 1er mai 2017, notre Agglomération a fait le choix de distribuer l’eau potable à travers une régie publique : Eau Cœur d’Essonne. Un choix de gestion pour 21 communes, pour plus de 200 000 habitants et 60 000 entreprises, au service d’une conviction : l’intérêt général doit être cœur de la gestion de l’eau.
Ainsi, aujourd’hui Eau Cœur d’Essonne est l’unique interlocuteur pour la distribution et la facturation de l’eau potable pour l’ensemble des Cœur d’Essonniennes et des Cœur d’Essonniens avec un tarif identique pour toute l’agglomération.
Pour une maîtrise publique totale de l’eau potable
Dans notre pays, la gestion de l’eau potable est séparée en trois compétences dépendantes mais distinctes juridiquement et administrativement : la production (captation et potabilisation), le transport (des usines jusqu’au réseau de distribution), la distribution (jusqu’à l’abonné). En outre, cette politique est découpée en secteur géographique correspondant au positionnement des usines de production et donc aux réserves naturelles en eau.
Normalement, toute la chaîne de l’eau potable est gérée par le service public (qui peut éventuellement déléguer, à ses conditions, tout ou partie de ses missions au secteur privé). Ainsi, à travers les syndicats intercommunaux SIARCE et SEOE, la production et le transport de l’eau potable est bien sous maîtrise publique pour tout le secteur Sud du périmètre de la régie.
Or, de manière tristement unique en France, dans une grande partie du Sud de l’Île-de-France, et en particulier pour le Nord du périmètre de la régie, seule la distribution de l’eau est publique. Sa production et son transport relève quasi exclusivement d’un unique opérateur privé qui revendique la propriété des ouvrages. Cette situation dessert l’intérêt général et doit donc cesser afin que les habitants de nos territoires, à travers leurs intercommunalités, prennent la maîtrise publique sur l’ensemble de la politique de l’eau potable : des tarifs, des conditions de production, des politiques de préservation de la ressource… C’est l’engagement pris par Cœur d’Essonne Agglomération avec d’autres intercommunalités à travers le syndicat mixte Eau du Sud Francilien auprès duquel la régie de l’eau est pleinement investie.
De l’aboutissement le plus rapide possible de cette démarche découlera des capacités nouvelles d’intervention en matière de préservation de la ressource, de sa qualité, de sa juste tarification et des capacités d’investissements dans nos réseaux.
Investir pour préserver la ressource aujourd’hui et demain
Nos canalisations constituent un patrimoine public précieux, construit au fil des décennies par les générations qui nous ont précédés. Il est de notre devoir de le maintenir en bon état au quotidien pour limiter les pertes en eau et de le transmettre en bon état aux générations qui nous succéderont. C’est pourquoi je souhaite faire du renouvellement des réseaux une priorité majeure des années à venir. Ne pas investir aujourd’hui, c’est accumuler une dette patrimoniale que nos enfants auraient à solder, souvent à un coût bien plus élevé. C’est prendre le risque de perdre de l’eau potable dans notre réseau et donc d’entraîner des pertes financières et en ressource, alors que le réchauffement climatique nous oblige à tout faire pour la préserver.
La télérelève : une évolution au service des usagers et de la ressource
Dans le même esprit, la modernisation de notre parc de compteurs par le déploiement rapide de la télérelève représente un enjeu majeur. Cette technologie nous permettra d’améliorer notre facturation et le suivi des consommations de chacune et de chacun mais aussi de détecter les fuites en temps réel, d’alerter rapidement les usagers en cas d’anomalie et, in fine, de préserver une ressource qui se raréfie. Économiser l’eau, c’est aussi agir concrètement pour l’environnement et pour les générations futures.
Le juste prix de l’eau : un engagement ferme
Toutes ces ambitions n’ont de sens que si l’alimentation en eau, essentielle à la vie humaine et à la dignité de chacun, restent accessibles à toutes et tous. L’eau potable est un service public autofinancé : « l’eau paye l’eau ». Autrement dit, il n’y a pas d’autres recettes pour le service que celles qui proviennent des factures payées par les usagers. Aussi, ces actions et investissements nécessaires doivent être conduits avec rigueur et efficacité, afin de maîtriser l’évolution du prix de l’eau pour l’usager final : vous. La qualité du service et la sobriété de la gestion ne sont pas contradictoires — elles sont les deux faces d’une même exigence.
Je suis convaincu que nous avons, ensemble, les moyens de relever ces défis. Je compte sur l’engagement de nos équipes, sur la confiance des élus qui composent notre Conseil d’administration, et notamment Bernard SPROTTI, Vice-président, et, bien sûr, sur le dialogue avec vous, usagers, qui êtes la raison d’être de notre régie.
Eau Cœur d’Essonne, c’est votre eau. Elle mérite toute notre attention.
Sylvain TANGUY
Président de la régie Eau Cœur d’Essonne